Il se sent délaissé même avec ses 50 printemps,
Apparement, il aurait des passions,
La pêche, la chasse mais aussi la boisson,
Quand sa femme l'a quitté, il s'est fait une raison,
S'est noyé dira-t-on, dans un verre de poison,
Malheureux, c'est la malchance qui l'emprisonne,
La tristesse est une chanson que chaque soir il fredonne,
Et il frissonne, dans ses draps froids et humides,
Quand il pense à ses filles, c'est une pluie de rétine,
Il se dit que la bonne heure sera celle de sa mort,
En ignorant que le bonheur se trouve dans l'Amour,
Celui dont sa fille lui fait part,
Même si elle avoue tard le soir que ses présences se font rares,
Lui, se dit que personne le porte dans son coeur,
Mais ignore que les belles phrases, elle les garde par pudeur,
Elle l'aime de toute son âme, même si elle garde ses mots,
Elle se dit qu'il le sait, malheureux quiproquo,
Des rires, des peines, son jardin secret,
Son exutoire se cré avec l'alcool dans ses veines,
Son monde à lui s'impreigne, de regrets, de rangaines,
De regards encombrés par le poids de ses peines,
Il est bon cet homme, n'épprouve pas de rancoeur,
Nostalgique à toutes heures et il boit son malheur,
Il n'y a que ivre qu'il se sent libre,
De ses exploits de comptoir il pourrait faire un livre,
Ses blessures, il les soigne de bitures en bitures,
Et cicatrise ses excès contre le froid du bitume,
Cet homme là, je le porte en victime,
Alors que certains sans scrupule le priveraient d'estime,
A tout garder, il a finit par craquer,
S'est r'trouvé sous cachets, isolé, sans lacet,
Sa fille, lui rend pas mal de visites,
De lui dire qu'il l'aime, c'est souvent qu'il hésite,
De cette histoire, une seule chose à ret'nir,
Les sentiments avoués nous évitent le pire...